Chroniques du lundi

(Publiée le 2 juin 2007 par Margot Bruyère)

Le Peuple Français

Il n'est pas dans mes habitudes de parler politique dans cette rubrique, mais un de mes (jeunes) lecteurs m'a envoyé le texte suivant, un peu long certes pour une chronique, mais qui me plaît, tant par la pensée que par le verbe. Le voici:
Le Français, peuple de génie, a besoin pour s'exprimer de rencontrer la contradiction. Le Français n'est pas un peuple de consensus, mais un peuple qui ne sait avancer que dans l'affrontement ou reculer dans la collaboration. C'est pourquoi il a besoin d'un interlocuteur solide face à qui exister; il a besoin que l'on fasse mine de lui imposer des valeurs pour s'en créer d'autres et les défendre.

Dire aux Français qu'ils sont enfants de la France semble un bonne rhétorique. C'est dire à chacun que, quelle que soit l'origine de nos parents, nos racines sont aujourd'hui sur le sol hexagonal. C'est très fédérateur et devrait obliger chacun à réfléchir à ce qu'est être citoyen d'un pays.

Évoquer Guy Môquet c'est présenter un aspect fédérateur du pays. Parler de résistance et s'empresser d'aller saluer l'ancien ennemi devenu un indissociable ami, c'est encore très fort.

Composer un gouvernement éclectique, c'est damer le pion à une future opposition venue d'en face, au risque d'en créer une, déjà venue, qui mûrit sur le côté. Mais dans toutes ces nomination d'hommes et de femmes, si je vois l'immigration représentée, je ne vois pas encore de trace de nos colonies (DOM-TOM). peut-être parce qu'il n'y a pas de banlieue à Nouméa, rien que des grottes.

Nous n'en sommes qu'à quelques jours. Pour le moment le Président tient son image. Jusqu'à présent, nous avions d'autres sortes d'images, des peintures. Il semble que nous entrions dans l'ère du cinéma; les images s'accélèrent. C'est sans doute une bonne chose. Espérons que nous resterons dans le cinéma de qualité et que nous seront épargnées les dérives hollywoodiennes. Le cinéma est certes un spectacle mais pour rester français, il doit être de qualité ou même se contenter d'être divertissant. L'esprit français, tel que je le conçois, admet la violence si elle exprime un désir d'amélioration et rejette la barbarie innée. Ce même esprit, qui aime à penser qu'il est fait pour côtoyer les lumières, apprécie fortement la jovialité. et, tout politique qu'il est, il aime à vivre des moments de partage simple, voire simpliste, qui sont sans doute de fortes sources fédératrices.

On m'a enseigné à l'école que les Gaulois était un peuple divisé. Nous revendiquons souvent notre appartenance à ce peuple dont nos principales connaissances semblent venir du journal de campagne qu'a laissé Jules César; son point de vue est donc sujet à caution. Mais convenons que, si l'une des caractéristique des Gaulois était la division, nous sommes bien affiliés à cette peuplade. Vercingétorix serait donc le symbole d'une unité des divergences. Soit, il a gagné une bataille, mais perdu la guerre. On m'a aussi appris que, bien des années plus tard, nous avions perdu la bataille, mais pas la guerre (alors que nous avions signé la reddition; il faut bien être gaulois pour avancer une telle chose).
Il nous reste à ne perdre ni bataille ni guerre, mais pourrons-nous demeurer Français si tel était le cas? Non, il nous reste à nous servir des pierres de notre histoire pour construire encore plus avant. Certainement le pont de la Concorde est-il un héritage méconnu à cet égard.


Retour Commentaire
 Le Peuple Français (Margot Bruyère, 02-06-2007)