Chroniques du lundi

(Publiée le 18 juin 2007 par Margot Bruyère)

Langue de bois

A la fin du printemps, je m'empresse, telle la fourmi, de remplir mon bûcher pour l'hiver suivant. J'ai donc demandé à un de mes voisins et amis de me livrer du bois. Non seulement il me livre de bonne bûches, bien sèches, mais en plus il les range impeccablement sous l'auvent. Arrive le moment délicat de payer la facture. Je lui demande combien je lui dois. Il tourne autour du pot, me dit ne pas connaître le prix de la corde de bois et me demande de me renseigner. Je me renseigne donc et, le lendemain, je lui indique le prix du marché; il hésite et me dit que ses bûches n'étaient pas bien grosses, qu'il y en avait même de très fines… bref, qu'il faut baisser le prix. Je propose donc quelques euros de moins; il acquiesce et je pose les billets sur la table. Il les regarde d'un air critique, réfléchit et me dit "C'est trop". Je proteste; il secoue la tête. J'insiste, il secoue de nouveau la tête. Je retire donc un autre billet. Il hésite encore. Finalement, j'enlève le marché… en acceptant une salade et un kilo de pommes de terre nouvelles en prime.

Voilà comment on pratique la langue de bois entre honnêtes gens. Les politiques feraient bien d'en prendre de la graine.


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 Langue de bois (Margot Bruyère, 18-06-2007)