Chroniques du lundi

(Publiée le 12 janvier 2006 par Margot Bruyère)

Glauque

Dans un livre que je recommande à tous les amoureux de la langue française, Bernard Leconte a rassemblé sous le titre "Qui a peur du bon français" (Lanore Littérature) un certain nombre des billets qu'il a écrits dans Le Figaro sur l'appauvrissement de la langue française.
Il y parle entre autre de la dérive de l'adjectif "glauque". Un adjectif que j'aimais et que je n'ose plus utiliser.
Je cite : "A l'origine, glauque qualifiait la couleur de l'eau de mer. C'était fort beau. Puis cet adjectif , sans doute contaminé par ses consonnes gutturales et liquides, s'est appliqué à une eau sale, celle des canaux tristes qui donnent envie de ne pas s'y noyer.
Nouvelle métamorphose: glauque veut dire tout ou rien. Glauque est devenu l'antonyme de cool. Cool veut dire bien, sympa; glauque veut dire pas beau, vilain.
C'est le dernier tour de de l'inventeur de la "novlange", la langue pauvre (celle qui dispense de chercher la nuance, de penser)."

Mais, après tout, étant donné que la mer est de plus en plus polluée, c'est peut-être pour cela que glauque a changé de sens?


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 Glauque (Margot Bruyère, 12-01-2006)