Chroniques du lundi

(Publiée le 7 février 2006 par Margot Bruyère)

La poussière d'étoile

Mon ami Hubert est un homme ordonné et méthodique. Rien qu'à voir les étagères de la grande armoire normande où il range son linge, je frémis: pas une chaussette qui dépasse, toutes les chemises pliées et rangées au carré. Bref, pas un brin de fantaisie dans cette armoire.
Pour son bureau, c'est pareil: chaque objet a une place et il y a une place pour chaque chose. La femme de ménage n'a pas le droit d'y toucher pour "faire la poussière": elle risquerait de ne pas remettre les objets à leur place exacte, ce qui serait évidemment (enfin, pour Hubert) la fin du monde. Le résultat est que Hubert époussette, ou plutôt n'époussette pas, lui-même son bureau. La couche de poussière était telle que j'aurais pu aisément y inscrire (je dis bien inscrire et non point écrire) mon nom.
— La poussière ne me dérange pas, affirme Hubert imperturbable, du moment que c'est en ordre. D'ailleurs, c'est de la poussière propre. Ce n'est pas Paris, ici!
Or, l'autre jour à la radio, on parlait d'une "poussière infiniment précieuse" récoltée sur je ne sais quelle planète et qui aurait plusieurs millions d'années.
Comme quoi, à force de patience, la poussière devient précieuse. Avis aux maniaques du ménage.


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 La poussière d'étoile (Margot Bruyère, 07-02-2006)