Chroniques du lundi

(Publiée le 4 mars 2006 par Margot Bruyère)

Goethe, Shakespeare et Cie

Quelle rage ont les metteurs en scène modernes de "revisiter" les grands classiques qui sont, par essence même, a-temporels?
Il y a quelques années, j'ai vu, de mes yeux vu, Faust sortir tout nu (et il n'était plus de la première jeunesse) d'une malle et philosopher en mettant caleçon et chaussettes, Dieu le Père descendre sur scène en montgolfière et Marguerite faire son entrée à bicyclette.
Et je viens de voir une version de La Tempête, où ce malheureux Prospero — roi déchu mais roi quand même, sage qui commande aux éléments — paraît en pyjama rayé orange et bleu, avec des souliers vernis et un parapluie bleu marine! Le reste est à l'avenant.
Un indice pour éviter ce genre de mésaventure: quand le metteur en scène fait paraître son nom sur l'affiche au même plan que celui de ces géants de la littérature mondiale, c'est qu'il manque de la plus élémentaire modestie et atteint le grotesque.


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 Goethe, Shakespeare et Cie (Margot Bruyère, 04-03-2006)
 RE: Goethe, Shakespeare et Cie (T. Le Cars, 02-04-2006)