Chroniques du lundi

(Publiée le 13 novembre 2006 par Margot Bruyère)

Le malade imaginaire

Dans ses mémoires, Mme de Chateaubriand narre l'histoire suivante:
Vers ce temps-là, M. de Chateaubriand commença à se sentir fort souffrant de palpitations et de douleurs au cœur, ce que plusieurs médecins, qu'il consultait en secret, attribuèrent à un commencement d'anévrisme.
Je ne cessais de le supplier d'aller voir le docteur Laennec, le seul médecin en qui j'eusse de la confiance. Après une longue conversation où il ne diminua pas ses maux, le docteur lui dit qu'il n'avait rien; M. de Chateaubriand eut beau lui faire l'énumération de ses souffrances, il n'en démordit pas et ne voulut jamais rien ordonner, sinon de prendre son chapeau et d'aller se promener. "Mais enfin, disait mon mari, si je mettais quelques sangsues?" — "Si cela vous fait plaisir, vous le pouvez, mais je vous conseille de n'en rien faire". Je guettais le Dr Laennec au passage et lui demandai ce qu'avait mon mari. "Rien du tout", me répondit-il et là-dessus il me souhaita le bonsoir et s'en alla. En effet, cinq minutes après, j'entendis le malade enchanté et guéri qui descendait l'escalier en chantant."
Chateaubriand n'avait qu'une petite douleur rhumatismale.
Comme quoi, il faut se méfier de l'imagination d'abord et des médecins ensuite… à l'exception de Laennec!


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 Le malade imaginaire (Margot Bruyère, 13-11-2006)